Accueil > Où pêcher > Le domaine piscicole > L'entretien des parcours

 

   

Bien gérer la ripisylve

Une nécessité à bien des égards

La ripisylve est la structure arborée linéaire qui borde le cours d’eau. Elle est composée d’arbres, d’arbustes, d’arbrisseaux et de végétation herbacée, la plupart du temps hygrophile. Sa largeur varie selon l’âge des végétaux et les sites du peuplement, de 1.5 mètre à 10 mètres et parfois plus le long des fleuves. Les essences rencontrées le plus souvent en bordure de nos cours d’eau sont le saule, le frêne ou bien encore l’aulne. Ils sont souvent associés à des arbustes  tels que les noisetiers, l’aubépine, etc.

Plus le peuplement végétal de la ripisylve est diversifié et d’âges variés, plus il sera intéressant en termes de diversité animale (oiseaux, insectes, mammifères). L’intérêt de la ripisylve pour le milieu aquatique est très important. Les insectes aquatiques se servent de cet habitat pour s’alimenter et se reproduire, ils sont eux-mêmes une ressource alimentaire pour les poissons insectivores.

 Une ripisylve diversifiée présente de multiples intérêts. Un entretien raisonné contribuera donc à la préserver.

  En quoi, la ripisylve est-elle intéressante ?

La végétation des berges présente de multiples avantages

    puce-violet.gif  Elle contribue au maintien des berges grâce aux systèmes racinaires des différentes essences présentes (arbres, arbustes, ainsi que les                 plantes herbacées), et crée un effet brise vent.

      Elle constitue l’habitat de nombreux oiseaux, mammifères, et autres reptiles qui trouvent là refuge et nourriture. Les nombreux insectes qui la peuplent, entrent dans le régime alimentaire de nombreux poissons. Les palmipèdes, (canards, poules d’eau, foulques) trouvent avec elle des conditions de vie idéales. C’est  un véritable corridor de migration biologique qu’à ce titre, il convient de protéger.

      L’ombrage apporté au cours d’eau évite le réchauffement de l’eau, contribuant ainsi au maintien des populations salmonicoles des petits cours d’eau.

      Le système racinaire des végétaux capte et absorbe les polluants d’origine organique et contribue ainsi à l’épuration des eaux.

      Elle abrite et offre de l’ombre aux troupeaux en cas de fortes chaleurs.

      Elle participe au ralentissement et à la dissipation de l’onde de crue (fonction inertielle).

      Elle limite le développement anarchique des plantes aquatiques.

      Elle peut-être une source de revenu économique par la production de bois d’ouvrage, de chauffage.

      Enfin, c’est une composante paysagère de première importance.

  Quels sont les principaux problèmes rencontrés ?

L’impact de l’activité humaine sur ce milieu et ses conséquences

L’activité humaine peut entrainer de nombreuses dégradations sur la ripisylve et limiter voire supprimer, les nombreux avantages qu’elle nous offre. Parmi les principaux facteurs dégradants, nous pouvons citer :

      La déforestation complète du milieu ou coupe à blanc. En quoi consiste cette pratique ?
C’est couper à ras et sans aucun discernement l’ensemble des végétaux de la rive. Cette pratique engendre un ensoleillement trop important et un réchauffement des eaux. Elle favorise le développement anarchique de la végétation aquatique. Elle est aussi souvent à l’origine de ripisylves uniformes composées essentiellement d’aulnes et de saules.

      L’absence totale de ripisylve.
La réalisation de travaux lourds sur le cours d’eau (curage, recalibrage) en est le plus souvent à l’origine. 

      La pratique du pâturage en berge sans clôture ni abreuvoirs.
Les bovins dégradent les berges pour s’abreuver, elles se creusent, la force érosive du courant accentue le phénomène et le lit se déplace. Plus grave : le désherbage chimique de la berge.

      Le manque d’entretien de la végétation.
Le développement excessif et anarchique de la végétation va limiter l’accès au cours d’eau et favoriser l’encombrement du lit avec la formation d’embâcles générées par la présence importante de bois mort. L’absence de lumière va impacter fortement la vie aquatique et contribuer à l’appauvrissement du milieu.

      Des espèces inadaptées.
Certaines essences d’arbres comme les peupliers cultivar ou les résineux sont inadaptées en bordure des petits cours d’eau. Leurs systèmes racinaires superficiels ne permettent pas le maintien des berges. De plus, ils causent des problèmes de toxicité pour le milieu avec une dégradation des feuilles très lente pour le peuplier et une importante consommation en eau.

      L’artificialisation de la berge.
Mise place de protections hétéroclites inadaptées (traverses de chemin de fer, poteaux en béton, bétonnage ou enrochement systématique, remblai divers, tôles, …) conduisant à la déconnexion du cours d’eau avec le milieu terrestre, à la dégradation de la qualité de l’eau et du milieu naturel.

      L’endiguement de la berge.
Il favorise l’accélération des vitesses d’écoulement en crue, l’érosion des berges, l’augmentation  des ondes de crues en aval, porte atteinte à la végétation en place et favorise la colonisation du milieu par des espèces invasives.

      Le phytophthora de l’aulne.
Cette maladie est causée par un champignon qui se propage uniquement sur les aulnes. Transporté par les cours d’eau, il pénètre dans l’arbre par ses racines, bloque la circulation de la sève entrainant la mort de l’arbre en quelques années. 


  Entretien : les bonnes pratiques
          
Que faire :

Si nous souhaitons continuer à offrir aux pêcheurs des parcours de qualité en respectant le milieu naturel, il nous appartient de prendre en compte les bonnes pratiques d’entretien de la ripisylve. Tout le monde y gagne, et pas seulement les Associations Agrées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique. Nous sommes tous concernés; nous avons vu plus haut ses multiples avantages, les choses à faire, à ne pas faire.
Il faut parfois du temps pour faire évoluer les mentalités et mesurer tout l’intérêt de bonnes pratiques écologiques. L’administration à travers la réglementation et l’information a permis des avancées significatives en matière de protection des milieux aquatiques. Avec notre société, le monde agricole évolue, les pratiques agricoles aussi, le respect de l’environnement est devenu une préoccupation à part entière pour tout un chacun. Il reste à le traduire dans ses actes et  montrer le bon exemple.

Une bonne gestion suppose :
Source : SAGE Huisne

      Entretenir régulièrement et de manière sélective la végétation.
L’entretien régulier de la ripisylve contribue à la richesse et à l’équilibre du milieu. Ces interventions doivent se limiter à des coupes sélectives (arbre instable, arbre exploitable), en conservant la diversité des âges et des essences. L’idéal est d’alterner les zones d’ombres et de lumière en privilégiant l’ombragement des secteurs lentiques et l’éclairement des secteurs lotiques. 


      Conserver les arbres morts.
Les arbres morts sont des supports pour la vie d’une flore et d’une faune particulière (champignons, insectes xylophages, oiseaux cavernicoles, chauves-souris et autres mammifères). Ils ne doivent être abattus que s’ils sont instables.

      Planter des essences adaptées.
Les essences d’arbres adaptées aux bordures de nos cours d’eau : le saule, le frêne ou bien encore l’aulne (un aulne adulte, grâce à son système racinaire, peut protéger jusqu’à six mètres de berges). Ces arbres peuvent être associés avec des arbustes (noisetiers, aubépine, etc.)

      Arrêter certaines pratiques néfastes à la ripisylve et au cours d’eau. 
        - Effectuer des coupes à blanc. 
        - Planter des essences inadaptées en bordure de cours d’eau : résineux, peupliers cultivar, saules pleureurs, robiniers faux acacia. 
        - Vouloir «faire propre» : si les branches basses sont systématiquement coupées, l’écoulement des eaux augmente artificiellement et les caches à poissons disparaissent. Le débroussaillage systématique appauvrit la ripisylve et ses fonctions écologiques, il est donc à éviter.

      Limiter le développement du phytophthora de l’aulne.
Un aulne malade se reconnaît par une chute précoce de ses feuilles, des feuilles plus petites et des tâches sur le tronc de couleur rouille et noir. Aucun traitement n’existe pour l’heure. C’est pourquoi afin de limiter le développement géographique de cette maladie, il est recommandé de désinfecter les outils de coupe et de brûler les parties abattues.

      Rappel : L’utilisation de pesticides est à proscrire et les désherbants chimiques en bordure des cours d’eau sont interdits.


haut de page