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La France n’héberge pas moins de 83 espèces de poissons et de crustacés. Toutes ces espèces ne sont pas représentées sur l’ensemble des milieux aquatiques. La richesse et la grande diversité du réseau hydrographique autorisent la pratique de nombreuses techniques de pêche. Certaines techniques sont anciennes et trouvent leurs origines dans les pratiques propres à une région ou plus simplement d’un territoire. D’autres sont issues du développement plus récent du loisir. Ces dernières années, la pêche et les techniques se sont progressivement spécialisées en fonction du poisson recherché, avec  pour effet une multiplication des variantes, et en parallèle, l’apparition d’un matériel spécifique à chacune. Il n’est pas possible de les détailler toutes ici, de même nous ne développerons pas dans cette page le montage des lignes. Néanmoins, parmi les plus pratiquées, nous citerons :

 


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La pêche moderne de la carpe

Les techniques modernes de la pêche de la carpe nous viennent pour l’essentiel de Grande Bretagne où les carpistes sont nombreux. Elles ont connu un grand développement en France à partir de la fin des années 80.
Cette technique fait appel à un matériel adapté : cannes à moulinet puissantes disposées par trois ou quatre sur un support que l’on nomme « rod-pod » équipées généralement  de détecteurs de touches visuels et / ou sonores.

La technique « en plombée » se pratique parfois à plus de cent mètres de distance dans les grands lacs. Les lignes sont alors déposées à l’aide d’embarcations ou de bateaux radioguidés. Les esches sont nombreuses pour pêcher la carpe (ver de terre, graines diverses, pomme de terre) mais la reine des esches aujourd’hui, c’est la fameuse bouillette constituée de farine et d’arômes. Il en existe de nombreuses variétés, et un amorçage important est de mise avec cette technique. Le pêcheur de carpes recherche les poissons trophées (>20kg) et pour cette raison pratique presque toujours le no-kill, (remise systématique à l’eau des poissons).
Lors de sa capture, le poisson est réceptionné sur un tapis adapté afin de ne pas lui occasionner de blessures.
Sa grande taille à l’âge adulte, sa puissance, sa combativité expliquent l’engouement de nombreux pêcheurs pour sa pêche. Très prisée, sa pêche de nuit apporte aux amateurs des sensations fortes supplémentaires.

 

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La pêche au coup

C’est en général la première pêche que l’on pratique. Techniquement la plus abordable pour le non-initié, elle peut être une pêche de haute précision lorsqu’elle est exercée de façon très poussée.
Elle repose sur le principe d’amorcer « un coup » à l’aide d’amorce, de graines, ou tous autres appâts afin d’attirer et de regrouper le poisson (en général des poissons « blancs ») et de pêcher en finesse au flotteur avec une canne sans moulinet.
Plutôt orientée vers les eaux de seconde catégorie piscicole, en rivière ou en plan d’eau, la pêche au coup vise principalement les cyprinidés (gardons, rotengles, ablettes, brèmes, tanches, carpeaux) et autres petits poissons tels le goujon.
Des variantes existent dans le matériel et l’approche. Au siècle dernier, le pêcheur n’avait à sa disposition que des cannes à emmanchement en bambou ou en roseau pour les plus légères. Les plus longues n’excédaient pas 5 à 6 mètres. Dans les années 70 avec l’apparition de la fibre de verre, les cannes deviennent télescopiques et sont de plus grande longueur, son poids reste toutefois un handicap.

L’aboutissement de cette technique aujourd’hui est la pêche à la longue canne à emmanchement en matériau composite, généralement du carbone. Très longue, (>13 mètres), elle permet de pêcher à de longues distances et de rechercher des poissons plus gros grâce à un système d’élastique interne. C’est aussi le matériel utilisé par les pêcheurs de compétition.
Depuis quelques années, la pêche de la carpe à la grande canne se développe fortement et constitue d’ailleurs un produit très prisé dans l’offre privée.

 

 

 

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La pêche au quiver-tip

Egalement une pêche d’origine Anglo-Saxonne,  cette technique requiert une canne moulinet très sensible, peu encombrante, généralement de 3 mètres de longueur en moyenne, équipée d’un moulinet à tambour fixe adapté à la canne acceptant 150 mètres de fil en 20/100. Elle est généralement vendue avec 3 scions de résistance différente pour s’adapter aux poissons recherchés.
Pour mieux comprendre la technique, il faut commencer par traduire son nom. Quiver-tip veut dire « bout qui tremble ». En effet, cette technique de pêche en plombée se distingue par la vision de la touche qui s’effectue lorsque le scion de la canne tremble dès qu’un poisson saisit l’appât. L’autre particularité réside dans l’action de pêche. On utilise un amorçoir (feeder) garni d’amorce qui permet d’attirer les poissons sur le coup. Il s’agit d’une pêche au posé, car une fois la ligne lancée, on positionne la canne sur un repose canne.

En préalable à l’action de pêche, il est nécessaire comme pour la pêche au coup d’amorcer le coup avec quelques grosses boules. Il est également recommandé pour être plus précis de lancer plusieurs fois le feeder rempli d’amorce sans bas de ligne sur la zone de pêche tout en ferrant pour libérer l’amorce. La précision des lancers sur le coup est déterminante pour réussir de belles pêches. Avantages de cette technique : peu de matériel et la possibilité de prendre de gros poissons.

 

 

 

 

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La pêche à l’Anglaise

Comme son nom l’indique, cette technique a été développée en Grande Bretagne. L’approche est la même que la pêche au coup traditionnelle. La différence majeure étant l’emploi d’une canne moulinet.
L’avantage réside dans la possibilité de pouvoir pêcher plus loin (>20mètres) et pouvoir ainsi appréhender les gros poissons.
Constituées de 3 ou 4 brins munis d’anneaux, en général à emmanchement et le plus souvent en carbone, les cannes anglaises mesurent entre 3,50 et 4,50 mètres.
Le montage fait appel à des flotteurs coulissants souvent pré plombés (wagglers) permettant de pêcher dans des fonds importants (>4mètres). Ce mode de pêche est surtout approprié pour la pêche dans les plans d’eau et les canaux à courant lent.
Comme pour la pêche au coup, un amorçage de la zone de pêche est nécessaire. L’utilisation d’une fronde est recommandée, et en action de pêche, il est nécessaire d’être très précis. Lancer toujours plus loin que la zone amorcée pour bien caler la ligne sur le « coup ».

 

 

 

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La pêche des carnassiers aux leurres

Les techniques de pêche au lancer reposent sur l’emploi d’un appât factice (artificiel) que le pêcheur anime pour créer l’illusion de la vie et ainsi tromper (leurrer) le carnassier. Si ces techniques existent depuis longtemps (cuillères, poissons d’étain…), elles ont connu un développement spectaculaire depuis le début des années 90, insufflé en particulier par les pratiques nord-américaines et japonaises.

Aujourd’hui, on trouve une multitude de sous-techniques avec le matériel qui y est adapté (leurres durs, leurres souples, tailles et puissance des cannes, emploi de tresse, échosondeur). Avec l’avènement de ces techniques sont apparus des cannes et des moulinets « casting » ou encore les float-tube dans le paysage de la pêche en eau douce française.

On peut noter également l’apparition grandissante, depuis 5 à 10 ans, d’une nouvelle approche de la pêche dans les centres urbains, le « street-fishing » ou pêche urbaine basée sur ces techniques.
Les poissons recherchés dans les eaux de seconde catégorie piscicole sont le brochet, le sandre, la perche, la truite, le black-bass, ou encore le silure. Notons que l’emploi des leurres s’est considérablement développé en première catégorie pour la recherche de la truite.

Le matériel proposé, le côté dynamique de cette pêche, contribuent pour une bonne part à l’adhésion de nombreux pêcheurs pour cette technique.

 

 

 

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La pêche des carnassiers aux appâts naturels

Ce sont les techniques traditionnelles pour la recherche des carnassiers. Elles sont fondées sur la présentation aux prédateurs d’une de leur proie habituelle, qu’elle soit vivante ou morte.
De cette manière, on peut distinguer : 

                   • la pêche au vif ou le poisson est esché encore vivant sur un montage au flotteur ou 
                     en plombée.
                   • La pêche au« mort posé » qui comme son nom l’indique consiste à escher 
                     un poisson mort  (ou un tronçon) généralement en plombée.
                   • La pêche au « mort-manié » ou l’on anime un poisson mort (gardon, rotengle, 
                     perche …) pour feindre un poisson en difficulté et tromper ainsi le carnassier.

Ces pêches se pratiquent essentiellement dans des eaux de seconde catégorie où le pêcheur recherche principalement brochets, sandres, et perches. Il existe aujourd’hui des montages tout faits qui facilitent grandement la mise en œuvre de ce type de pêche telle la célèbre monture « Drachkovitch » pour le « mort-manié ». Bien pratiquée, cette pêche donne d’excellents résultats.

 

 

 

 

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La Truite aux appâts naturels

Cette appellation regroupe en fait une multitude de techniques de pêche à la truite issues pour la plupart de traditions régionales. Elles ont en commun leur approche qui est de présenter à la truite le plus naturellement possible une de ses proies naturelles (insectes, larves, vers…) en dérive dans le courant. Certaines techniques s’apparentent à la pêche « au toc » qui est une technique assez récente, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Issue des techniques très anciennes de pêche aux appâts naturels, l’affirmation de ses grands principes a en fait été développée après la seconde guerre mondiale.

La touche est ressentie dans la main qui tient le fil, par un toc parfois violent. En complément, pour mieux voir les touches, on peut placer un tout petit flotteur sur la ligne, ou encore fixer un simple bout de laine, astuce fréquemment utilisée en montagne.
Il existe sur le marché d’excellentes cannes en carbone avec un moulinet spécialement adapté pour ce type de pêche.

Outre le ver de terre, la « petite bête » (larve d’éphémère) et le porte bois sont des esches excellentes.
Une autre technique pour prendre de belles truites sauvages consiste à la pêcher au vairon vivant (comme un vif) ou au mort manié. Il existe des montures qui vous faciliteront le travail et qui donne de bons résultats.

 

 

 

 

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La pêche à la mouche

La pêche à la mouche est la technique reine pour la pêche de la truite et des salmonidés en général. La stratégie repose sur la présentation d’une imitation d’insecte appelée « mouche » ou de larve d’insecte (nymphe) que l’on présente au poisson en activité. C’est une pêche qui se pratique à vue.
Cette technique demande un matériel particulièrement adapté, avec à la base une canne spécifique « mouche », encore appelée « fouet » aujourd’hui en carbone, équipée d’un moulinet à tambour sans démultiplication garni d’une « soie » naturelle ou artificielle.
La pêche à la mouche se pratique de préférence en rivière de première catégorie et dans les lacs de montagne.
Cette pratique peut se décomposer en trois catégories définies par ce que la mouche utilisée tente d'imiter :
                 • La mouche sèche (imitation d’insectes flottants en surface),
                 • La nymphe et la mouche noyée (imitation de larves ou de nymphes d’insectes 
                   aquatiques se déplaçant sur le fond ou dérivant naturellement entre deux eaux),
                 • Le streamer (imitation d’alevin ou de petit poisson).

La dénomination (mouche) vient du fait que la technique avait initialement comme but exclusif de pêcher les poissons gobant des insectes en surface. Les pêches subaquatiques (noyée, puis nymphe) sont venues plus tard. La dénomination « mouche » reste utilisée pour les imitations d'alevin ou de jeune poisson, même si ce ne sont pas des insectes.
Cette technique peut également être employée en réservoir, en étangs, et dans les eaux de seconde catégorie piscicole. Le pêcheur recherchera alors des cyprinidés de surface comme le chevesne, le rotengle, l’ablette.
Les mouches artificielles sont souvent confectionnées par le pêcheur lui-même. Le montage de mouche est une activité à part entière qui occupe les passionnés pendant de longues heures de préparation minutieuse. Parmi les matériaux les plus utilisés, on citera les plumes de coq ou de faisan, mais également de canard, et divers poils comme ceux du lièvre par exemple.
 

 

 

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